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Convivialité
Sortie Oenologie 2013 Imprimer Envoyer
Écrit par SIBE Pascal   
AE EPS Samedi 30 Novembre.
Sortie œnologie. Chais de ville, chai
des champs. C’est une tradition à la régionale
de Bordeaux que de se retrouver fin Novembre
ou début Décembre à la sortie Œnologie. Tradition et
retour aux sources, à la source. Au programme Libourne Saint
Emilion. On va en plaine d’abord, aux champs, puis en ville. ensuite.
La belle Saint Emilion qui monte, qui descend. Mais aujourd’hui on sent
que l’on va être toujours au dessus d’un horizon, déjà très haut. Et pour causes.
Lisez plutôt : Château Gueyrosse, Grand cru, d’abord. Château Guadet Saint Jean,
 ensuite, grand cru, encore. Château Gracia, Grand cru classé, enfin.  Entrez maintenant
chez Yves Delol qui nous accueille à Gueyrosse. Lui propriétaire, plusieurs dizaines d’années d’expérience, une stature, un cep. On évoque le dernier stage de Tennis de l’AE EPS, c’était en 82, certains d’entre nous y étaient. Yves nous parle. 1956, - 25°, les pieds ont éclatés, ceux des vignes. Mais on garde, on ne replante pas. 58 petite récolte, ça repart. 59 millésime exceptionnel. Aujourd’hui. 10 cuves remplies sur les 16 existantes. Le vin va faire 3 semaines de cuve, avant l’écoulage par gravité. Pas de filtration, non, pas ici, mais 8 soutirages avant la mise en bouteille. Les vignes ont une moyenne d’âge de 45 ans. C’est vieux. Mais ici une bouteille de 33 ans a gardé encore toutes les qualités de son contenu. Ici, on sait élever le vin, et on sait le faire vieillir. Etre vieux ici est une qualité. Puis on déguste. Chantalouette, 2004. On travaille d’abord avec l’œil, ensuite avec le nez, enfin avec le palais. Nos larmes dans les verres sont discrètes, la robe est orangée, tuilée, l’évolution de la couleur doit être lente. C’est le dégustateur qui fait le goût. Vient le 2009, de Chantalouette aussi, aux soyeux tanins. Et l’on quitte la plaine non sans avoir fait provision de quelques bouteilles. Rendez vous « Porte Brunet ». Puis près de la Pharmacie. Les retardataires font le pied de grue sans savoir que derrière la porte qui jouxte celle de la pharmacie se trouve l’entrée du chai Guadet Saint Jean. On entre, on descend. Encore. 3 étages de carrière-chai, avec les vestiges des silos à grain. Des recherches sont en cours pour valider ou non. Il y a des doutes sur ces silos. Il n’y en a  aucun sur l'ambiance sacrée de ce lieu. Une table, comme un autel, des bougies, une  odeur permanente mais changeante suivant le lieu où l’on se trouve. Mon vin a le gout du champignon s’écrie spontanément Marie Rose. C’est parce que vous êtes près
de la pierre lui répond le grand prêtre de la dégustation. Le mien a le gout de la poussière,
mais c’est parce qu’on a nettoyé, là où je suis. Et l’on déguste. Comment ? Ecoutons.
D’abord on met le vin en bouche, ensuite on le mâche, puis on aspire l’air en
prenant soin des possibles fuites,et ça fait des grands shlups. Le vin arrive
 à l’arrière nez, maintenant. Un côte de Castillon, Château Pontet
Roucheau de 2008, Un côte de Francs Château Comtesse de
Francs de 2008, Un Saint Emilion château Guadet Saint
Jean de 2008, puis le même mais de 2009 passeront en
 bouche plus ou moins longtemps. Mais sentez votre
verre. Puis sentez le verre de votre voisine. Différent.
 
C’est pourtant le même vin. Certes, mais
le dégustateur précédent y a mis son empreinte,
une partie de lui-même. Le vin a une très grande
mémoire. Et quand son odeur change, on croirait que
 le vin n’est plus le même. Comme cela est étrange, mais
si réel. Il faut remonter. Pour redescendre. Mais ce va et vient
n’est qu’illusion. Nous restons aux sommets des vins. L’escalier
est étroit. Qui descend sur la placette. Il s’agit d’une entrée en matière.
Chai Gracia, Denis Gracia nous accueille dans son héritage. Ancien maçon
tailleur de pierres des bâtiments de France. Un orfèvre en pierre et qui le restera
en vigne. Un hectare et quelques. Un petit chai. Très frais. Mais 5 tonneliers.
« Le vin c’est de la folie et beaucoup d’humilité » dit il. « Je reste sur 15 –
20 hectos l’hectare, mais les vendanges durent 650 heures. De la folie. On fait
un rang le matin. Un rang l’après midi. On érafle, on tri, on tamise, on enlève
grappe par grappe ». Premières vendanges en 97. Je voulais faire de la qualité
au moment où c’est le volume qui est valorisé. Une vigne avec 35 grappes par
pied. Une folie. Un gaspillage. Maintenant nous sommes vraiment sur de
petits rendements. Parker un jour apprécia qui mit d’entrée un 90/100.
Le monde entier téléphone à Saint Emilion pour passer commande. Et
l’on déguste : Un Saint Emilion, 2009, le « De Nerville », le 3ème vin.
 Epicé, très poivré. On passera à « Les angelots de Gracia, de 2007.
 Il a eu trop d’oxygène. Lui a trop vieilli ». Ici on fait du parcellaire.
On a 10 cuves, en bois, en béton, en inox isolé ou en inox non
Isolé, les volumes sont différents. Le froid est habituel. La
chaudière chauffe pour mettre à température de
fermentation. Ici on nettoie à la vapeur et à l’eau
oxygénée. On peut se le permettre dans cette exigüité.
On est des artisans. Des archaïques. On pratique la
saignée. C'est-à-dire qu’on sort 10 à 30 % du jus.
Par le haut ou par le bas. Selon que le vin est
plus ou moins alcoolisé. Le vin c’est simple
comme le thé. On clôt sur un Gracia 2007
 à 13°5. Là Michel peut risquer un « Deo
Gracia », à propos. Et l’écho répondit
« Deo Pierrot ».
 
Jean-Paul Lièvre, Gradignan,
Mercredi 4 Décembre 2013.