Du 24/09/2026 au 24/09/2026
Cher·ères collègues et futur·es collègues,
Après un cycle de soirées consacré l’an dernier à l’apprentissage moteur en EPS, cette nouvelle saison de Bistrots pédagogiques aura pour fil rouge la saveur des savoirs¹, thématique essentielle, nous semble-t-il, à l’heure de la post-vérité, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle².
Dans ce contexte, nous nous interrogerons sur ce qu’il est « nécessaire d’enseigner »³ aujourd’hui à l’École et en EPS, mais également sur les modalités concrètes permettant de faire entrer nos élèves dans l’aventure des savoirs⁴.
Pour ouvrir ce cycle, nous aurons le grand plaisir de vous accueillir au Lutèce⁵ jeudi 24 septembre (19h-21h30), pour échanger avec Philippe Meirieu⁶ et Jean-Luc Ubaldi⁷ autour du thème :
Émanciper par les savoirs... en EPS et ailleurs
« Que mettons-nous vraiment derrière le mot d’émancipation ? Que signifie concrètement s’émanciper pour un élève à l’École ? Et que signifie précisément l’émancipation corporelle et sociale pour un élève en EPS ? Pourquoi a-t-on besoin de savoirs pour s’émanciper ? Comment choisir et caractériser les savoirs en EPS pour qu’ils soient émancipateurs ? Et suffit-il qu’ils soient mobilisateurs pour être émancipateurs ? Quelles conséquences de cela sur l’identité professionnelle des enseignants ?…
Autant de questions qui seront abordées dans ce dialogue et avec les participants de cette rencontre. » Ph. Meirieu et J.-L. Ubaldi
ATTENTION, l’accès (gratuit) à cette soirée sera soumis à une inscription préalable :
- ouverte en exclusivité aux adhérent·es de l’AE-EPS jusqu’au vendredi 18 septembre (minuit) => (ré)adhérer à notre association est simple, rapide et sécurisé,
- puis ouverte à tout le monde à partir du samedi 19 septembre, en fonction des places encore disponibles.
Bien amicalement,
Stéphane Sapin — Président de l’AE-EPS Paris-Île-de-France,
Pour le groupe de pilotage régional
Nous écrire : aeeps.paris@gmail.com
Nous suivre : @aeeps_idf
1. Astolfi, J.-P. (2008). La saveur des savoirs. Disciplines et plaisir d’apprendre, Paris, ESF Éditeur, coll. « Pédagogies ».
2. À cet égard, dans son dernier livre, Bruno Patino alerte sur les risques majeurs d’une imbrication entre production authentique et production synthétique : « Les Intelligences Artificielles génératives produisent de la matière intellectuelle, en quantité vertigineuse et illimitée, sans pour autant être capables de penser. Cette production “synthétique” est similaire dans la forme aux productions humaines, appelées désormais “authentiques”, quand elle est écrite. La différence sonore et visuelle, qui perdure à peine, sera effacée d’ici peu. En revanche, ce qui permet cette production n’est plus ni le raisonnement ni l’imagination, mais le calcul probabiliste. Un mode opératoire qui ne distingue pas ce qui existe de ce qu’il crée, le réel de la fiction, le vrai et le faux, sauf à pouvoir le faire de façon statistique. » Patino, B. (2026). Le temps de l’obsolescence humaine, Paris, Grasset, p. 69.
3. Nous avons intitulé ce cycle de Bistrots pédagogiques : « Quels savoirs nécessaires à l’éducation du futur ? » en hommage à l’immense Edgar Morin, auteur des Sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur.
Dès l’« Avant-propos », E. Morin précise que son texte « ne traite pas de l’ensemble des matières qui sont ou devraient être enseignées », mais qu’il tient à exposer « seulement et essentiellement des problèmes centraux ou fondamentaux, qui demeurent totalement ignorés ou oubliés, et qui sont nécessaires à enseigner dans le siècle futur ». Morin, E. (2000). Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur, Paris, Éditions du Seuil.
4. Meirieu, Ph. (1999). « L’aventure des savoirs », Sciences Humaines, hors-série (ancienne formule) n°24 (mars/avril), pp. 41-44.
5. Le bistrot Le Lutèce se situe au 8 boulevard Saint-Michel, dans le 6ᵉ arrondissement de Paris.
6. Philippe Meirieu est professeur émérite en sciences de l’éducation à l’Université Lumière-Lyon 2. Il milite de longue date pour la transmission de savoirs émancipateurs.
Dans un récent livre-dialogue, Ph. Meirieu formule ce regret : « Je crois que l’école ne sait pas suffisamment montrer et faire faire l’expérience du caractère émancipateur des savoirs qu’elle enseigne. Et elle laisse ainsi le champ libre à de faux savoirs, particulièrement séduisants mais pas du tout émancipateurs. » Meirieu, Ph. & Bouchereau, X. (2026). Parce que nous croyons encore à l’éducation, Toulouse, Érès, p. 144. Et dans le Manifeste du Café pédagogique qu’il vient de coordonner avec Djéhanne Gani, il revient sur le projet de l’École républicaine : « ce n’est pas seulement permettre aux élèves d’apprendre, c’est leur permettre d’apprendre ensemble ; et ce n’est pas seulement leur inculquer des connaissances utiles, c’est les faire accéder à des savoirs qui, tout à la fois, libèrent et unissent les humains. » Gani, D. & Meirieu, Ph. (coor.) (2026). Parions sur l’École et l’éducation. Manifeste du Café pédagogique, La Tour-d’Aigues, Éditions de l’Aube, p. 10.
7. Jean-Luc Ubaldi est professeur agrégé d’EPS honoraire (académie de Lyon). Il coordonne, avec Serge Testevuide, le CEDREPS, groupe ressource de l’AE-EPS qui place les savoirs et l’émancipation au centre de ses réflexions et propositions.
Voir, par exemple : Testevuide, S. & Ubaldi, J.-L. (2022). « Quels savoirs pour ce projet d’émancipation ? », in Options, notions, démarche du CEDREPS pour l’EPS de demain. État de la réflexion, Les Cahiers du CEDREPS, n°18, Saint-Mandé, Édition AE-EPS, pp. 30-32.
