Drancy, samedi 3 janvier 2026
Cher·ères collègues et futur·es collègues,
2026 marquera, pour nous, le 90ᵉ anniversaire de la création de l’Amicale des Élèves et Anciens Élèves de l’École Normale d’Éducation Physique, qui deviendra, en 1978, l’AEEPS puis, à partir de 2009, l’AE-EPS1.
À l’aube de cette nouvelle année, je me suis donc replongé, avec un vif intérêt et une certaine émotion, dans l’histoire de notre association, à laquelle notre Président d’honneur Denis Abonnen a consacré sa thèse en 20102.
Il y rappelle que, le 22 septembre 1936, Raymond Dessendier, professeur d’éducation physique tout juste sorti de l’ENEP (promotion 1933-1935), collaborateur d’Ernest Loisel3, fait parvenir à la préfecture de Paris un courrier dans lequel il manifeste son intention de fonder une association.
L’article premier des statuts indique que cette démarche vise à « maintenir entre les associés des liens d’amitié, faciliter l’entraide matérielle et morale que cette amitié impose, créer autour de l’École un faisceau de sympathies et contribuer au développement de l’Éducation Physique et des Sports. »4
À la lecture de cet extrait, force est de constater que les valeurs et les réalisations portées par notre association sont l’expression directe de cet élan passionné originel. Nous en sommes toutes et tous, quelque part, les héritières et les héritiers.
Si je devais retenir deux expressions qui traversent l’histoire de l’Amicale et la caractérisent, je choisirais – très subjectivement – celles de liens d’amitié et d’agir ensemble.
Pour la première, permettez-moi de convoquer Montaigne, pour qui l’amitié est d’abord une dimension de la condition humaine :
« le dernier degré de perfection des liens sociaux se trouve dans l’amitié. Car en général toutes les alliances que forgent et que nourrissent le plaisir ou le profit et le besoin public ou privé en sont d’autant moins belles et nobles, et d’autant moins des amitiés, que s’y mêlent d’autres motifs, d’autres buts, et d’autres intérêts que l’amitié même. […] Dans l’amitié, c’est une chaleur générale et universelle, tempérée au demeurant, et égale, une chaleur constante et bien établie, partout douce et lisse, qui n’a rien d’âpre ni de déchirant. »5
Quant à la seconde, c’est André Comte-Sponville – prolongeant lui-même Montaigne, qu’il admire tant – qui en parle sans doute le mieux :
« le bonheur n’est pas dans l’avoir, pas non plus dans l’être, il est dans le faire, dans l’agir. Le seul vrai bonheur, c’est le bonheur en acte. Le vrai bonheur, c’est le bonheur d’agir, si possible avec d’autres. Et donc le bonheur est dans l’action et la relation. »6
Cher·ères ami·es, en 2026 et au-delà, puissent nos liens sociaux s’enrichir, nos actions s’élargir et, ainsi, continuer à faire vivre l’esprit de nos aîné·es.
Nous vous souhaitons une belle et heureuse année.
Bien fidèlement,
Stéphane Sapin — Président de l'AE-EPS Paris-Île-de-France,
Pour le groupe de pilotage régional