Atelier de pratique « Pour une EPS de qualité dès l'école primaire ! »

Paris — Ile de France

Du 12/11/2026 au 14/11/2026

Cher·ères collègues et futur·es collègues,

« Partager une EPS de qualité de la maternelle à l’université »1… chiche !

Pour ouvrir notre saison d’Ateliers de pratique, nous avons décidé de prendre notre slogan au mot, en mettant la focale sur l’école primaire, où l’EPS continue de susciter bien des idées reçues : ce serait de la « bougeotte », du « mini-sport pour des mini-élèves », voire une « affaire de spécialiste(s) »2. Et pourtant…

Troisième discipline de l’école primaire en volume horaire, l’EPS y totalise davantage d’heures obligatoires qu’au collège et au lycée réunis3.
Quant aux nouveaux programmes, qui entrent progressivement en application depuis cette rentrée 2026, ils portent, selon François Micheletti4, « les enjeux d’une discipline résolument orientée vers l’éducation motrice générale et fondamentale préparatoire à l’EPS dans le 2nd degré et inscrite dans les apprentissages fondamentaux des élèves ». À une condition : ne plus dissocier le corps et l’esprit.
C’est ce à quoi invite Philippe Meirieu dans les « propos iconoclastes » qu’il nous a fait l’amitié de nous transmettre, et qui ouvriront un riche ouvrage collectif à paraître5 : « Il faut absolument sortir de cette vision dichotomique, en particulier, évidemment, à l’école primaire où le professeur est censé enseigner toutes les disciplines et “considérer l’enfant dans sa globalité”. » Il en tire, pour l’EPS, cette question première : « Quelle culture devons-nous enseigner aujourd’hui ? »6

Professeur·es des écoles, conseiller·es pédagogiques, formateur·rices du premier degré : cet Atelier est d’abord le vôtre ! Vous y trouverez un éclairage de première main sur vos nouveaux programmes, et des propositions concrètes à mettre en œuvre avec vos élèves.

Mais il s’adresse tout autant à celles et ceux qui enseignent – ou se préparent à enseigner – l’EPS au collège et au lycée, d’autant que le programme du cycle 3, lui aussi renouvelé, s’appliquera en sixième à la rentrée 2027.
Combien d’entre nous considèrent encore qu’« avant la sixième rien n’a été fait »7 ? Comprendre ce que nos élèves ont réellement vécu et appris avant le collège, c’est se donner les moyens de construire ensemble un continuum de formation8. Car de la maternelle à l’université, ce sont bien les mêmes enfants, puis les mêmes jeunes, que nous accompagnons !

Cette rencontre, intitulée « Pour une EPS de qualité dès l’école primaire ! », se déroulera en deux temps :

  • jeudi 12 novembre (19h-21h30), table ronde au Lutèce9 avec François Micheletti, Philippe Delamarre10, Magali Boizumault11 et Twiggy Lejeune-Vazquez12 ;
  • samedi 14 novembre (9h-16h30), partie « pratique » au Département STAPS de l’Université Paris-Est Créteil13 : Twiggy Lejeune-Vazquez vous fera vivre un continuum en jeux et sports collectifs, pensé pour conduire l’élève du « joueur solitaire » de la petite section au « joueur collectif » du cycle 4.

Vous pouvez bien sûr vous inscrire à l’un ou l’autre de ces deux temps, ou aux deux !

Bon à savoir
• Pour la première fois, la participation sera gratuite pour toutes et tous, adhérent·es comme non-adhérent·es.

• Le samedi, nous vous proposons de :

  • venir avec votre conjoint·e et/ou votre (vos) enfant(s), qui pourront assister à la formation… et même y prendre part14 ! De la petite section au collège, chacun·e y trouvera sa place. Twiggy Lejeune-Vazquez se réjouit déjà de faire jouer petit·es et grand·es ensemble ;
  • déguster le miel 100 % parisien de notre partenaire Bee Happy Miel, offert lors de notre accueil du matin.

Attention
Les inscriptions (adultes et enfants) se font exclusivement en ligne. Les places étant limitées, nous vous invitons à vous inscrire sans attendre.

Au grand plaisir de vous retrouver nombreux·ses,
Bien amicalement,

Stéphane Sapin — Président de l’AE-EPS Paris-Île-de-France,
Pour le groupe de pilotage régional
Nous écrire : aeeps.paris@gmail.com
Nous suivre : @aeeps_idf

 

1. « Partager une EPS de qualité de la maternelle à l’université » est le slogan de l’AE-EPS.

2. Nos collègues Franck Labrosse et Twiggy Lejeune-Vazquez, du groupe ressource « EPS & Premier degré » de l’AE-EPS, avaient déconstruit ces idées reçues lors de notre Journée Jean Zoro 2024 : Labrosse, F. & Lejeune-Vazquez, T. (2024). « Pour une véritable EPS de qualité à l’école primaire. Agir, s’exprimer et comprendre à travers l’EPS », Journée Jean Zoro 2024 « Quelle EPS voulons-nous ? », Université Sorbonne Paris Nord, Bobigny (23 novembre). Diaporama-support et vidéo en ligne sur notre site.

3. Entre 756 et 864 heures d’EPS sont inscrites dans les programmes de l’école primaire, soit 56 % de l’EPS obligatoire d’une scolarité. Nos collègues soulignaient toutefois l’écart entre ce curriculum formel et le curriculum réel : des professeur·es des écoles qui se sentent souvent démuni·es, et un temps effectif d’EPS passé de 2h45 hebdomadaires en 1989 à 1h45 en 2021. Labrosse, F. & Lejeune-Vazquez, T. (2024). Op. cit.

4. François Micheletti est Inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche (groupe EPS et groupe mission de l’enseignement primaire). Cette citation est extraite du texte de présentation de son intervention.
F. Micheletti a notamment contribué à l’élaboration des nouveaux programmes d’EPS de l’école primaire, parus au Bulletin officiel n°19 du 7 mai 2026 pour l’école maternelle, et au Bulletin officiel n°22 du 28 mai 2026 pour les cycles 2 et 3. Ils entrent en application à la rentrée 2026 dans toutes les classes de maternelle et dans la première année des cycles 2 et 3 (CP et CM1), puis à la rentrée 2027 dans les autres classes de ces cycles : CE1, CE2, CM2… et sixième. Parallèlement, la nouvelle formation initiale des professeur·es des écoles consacre 80 heures à l’EPS, ce qui représente, selon lui, « un enjeu fondamental dans la formation polyvalente de nos enseignants du 1er degré et dans l’application obligatoire des trois heures hebdomadaires d’enseignement de l’EPS ».

5. Meirieu, Ph. (à paraître). « Le corps et l’EPS à l’école primaire : propos iconoclastes », avant-propos, in Boizumault, M., Delboé, G., Le Briquer, Y. & Necker, S. (dir.), L’enfant et l’activité physique à l’école primaire. Agir, s’exprimer et comprendre par corps, Montpellier, AFRAPS.
Ph. Meirieu y dénonce « une nouvelle forme scolaire qui juxtapose tranquillement des séquences d’apprentissage qui sont imposées dans une parfaite indifférence au corps et des activités physiques dévolues seulement à un entretien des corps et à la promotion de la santé » (tension qui a traversé notre Journée Jean Zoro 2026, le 10 octobre dernier à Cergy). À l’inverse, chaque activité « doit être considérée comme simultanément corporelle et intellectuelle, unifiée par une intention et inscrite dans le projet scolaire d’apprendre ensemble ce qui, tout à la fois, libère et unit les humains ».

6. Une question qui rejoint celle de notre cycle de Bistrots pédagogiques cette année, « Quels savoirs nécessaires à l’éducation du futur ? », que Philippe Meirieu a ouvert avec Jean-Luc Ubaldi le 24 septembre dernier, au Lutèce, sur le thème « Émanciper par les savoirs… en EPS et ailleurs ».

7. C’est ce que Muriel Kbaier et Twiggy Lejeune-Vazquez nomment la « complainte du niveau 0 » : « Malgré la mise en œuvre d’un cycle 3 censé favoriser la construction d’un continuum entre l’école et le collège, les enseignants d’EPS considèrent qu’avant la sixième rien n’a été fait. Faut-il y voir une réminiscence des programmes de collège de 2008 qui définissaient en 6ème, un niveau 1, comme si les trois séquences d’enseignement des jeux collectifs faites à l’école élémentaire n’avaient jamais eu lieu… » Kbaier, M. & Lejeune-Vazquez, T. (2020). « Continuum de la maternelle au collège : propositions de FPS pour une pratique cohérente des jeux et sports collectifs », Les Cahiers du CEDREPS, n°17, Saint-Mandé, Édition AE-EPS, p. 167.

8. C’est aussi le sens des repères présentés en ouverture de notre Journée Jean Zoro 2026 par Fabrice Paindavoine, président de l’AE-EPS : « Une progression pertinente ne peut se réduire à une succession de séquences indépendantes : elle articule les ambitions du parcours de formation avec les acquisitions effectives des élèves, afin de reprendre, approfondir et prolonger ce qui a été réellement appris. » La Présidence de l’AE-EPS (2026). « Ensemble, partageons une EPS de qualité », Journée Jean Zoro 2026, Cergy (10 octobre). Texte téléchargeable sur le site Internet de l’AE-EPS.

9. Le bistrot Le Lutèce se situe au 8 boulevard Saint-Michel, dans le 6e arrondissement de Paris.

10. Philippe Delamarre est vice-président de l’Union sportive de l’enseignement du premier degré (USEP), en charge des enjeux sociétaux. Comme il le précise dans le texte de présentation de son intervention, l’USEP entend contribuer à « l’épanouissement d’un enfant bien dans son corps, bien dans sa tête, bien avec les autres et bien dans son environnement ».

11. Magali Boizumault est maîtresse de conférences à l’INSPÉ de l’académie de Bordeaux (Université de Bordeaux). Elle codirige l’ouvrage collectif évoqué plus haut (note 5).

12. Twiggy Lejeune-Vazquez est professeure agrégée d’EPS à l’UFR STAPS de l’Université de Toulon. Les 10 et 12 octobre 2019, elle avait déjà proposé avec Bruno Armengol, lors de notre Atelier de pratique arts du cirque, un continuum de formation premier-second degrés.

13. Le Département STAPS de l’Université Paris-Est Créteil se situe au 27 avenue Magellan, à Créteil (94).

14. En octobre 2019 déjà, lors de l’Atelier animé par T. Lejeune-Vazquez et B. Armengol, les enfants des participant·es avaient été initié·es aux arts du cirque, en parallèle de la formation : une journée restée mémorable !
Nous tenons en effet à ouvrir nos rencontres aux familles et, à travers notre engagement associatif, à promouvoir les vertus de l’intergénérationnel. Comme l’écrit justement Carole Gadet, autrice de L’intergénérationnel, une chance pour l’avenir, publié en 2023 aux éditions ESF Sciences Humaines (avec un avant-propos d’Edgar Morin) : « L’intergénération est au cœur des enjeux de la société française du XXIe siècle : c’est à la fois une réponse aux changements de la société, aux ruptures et reconstitutions familiales, à la crise du lien social, à la perte de repères, au développement de l’individualisme. L’intergénérationnel est une culture, un ensemble de valeurs, une certaine manière de considérer les relations humaines et le “vivre-ensemble”. […] L’intergénération ne se décrète pas, elle se vit ! »

 

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